Le confort d’été : lutter contre la précarité énergétique

En France, la précarité énergétique ne se définit pas seulement par la difficulté à chauffer son domicile pendant les mois d’hiver. La précarité énergétique d’été est caractérisée, par l’Observatoire National de la Précarité Énergétique (ONPE), par l’inconfort estival et l’incapacité de maintenir une température adéquate au sein de l’habitat lors des fortes chaleurs. 

 

La précarité énergétique et son impact financier sur les ménages

La précarité énergétique fait l’objet de différentes méthodes d’évaluation et d’indicateurs économiques ciblés. L’indicateur du Taux d’Effort Énergétique (TEE_3D) considère qu’un ménage est en précarité énergétique lorsque les dépenses énergétiques de son logement dépassent 8 % de son revenu et qu’il appartient aux trois premiers déciles de revenus (les 30 % des ménages les plus modestes). En 2023, cela représentait 3,1 millions de ménages en France métropolitaine. De son côté, l’INSEE évalue la vulnérabilité énergétique pour le logement à près de 5 millions de ménages en 2021, pour lesquels les dépenses d’énergie excèdent 9,2 % du revenu disponible.

L’impact financier sur le budget des foyers est particulièrement lourd. En 2023, la facture énergétique moyenne d’un ménage s’élevait à 3 678 € TTC (dont 1 851 € pour le logement et 1 827 € pour les carburants). En 2024, le prix moyen de l’électricité a encore augmenté de 18 % et celui du gaz naturel de 13,4 %. Dans ce contexte, 85 % des foyers déclarent que les factures d’énergie représentent une part importante des dépenses de leur ménage, et 36 % font état de difficultés à payer certaines factures d’énergie en 2025.

 

L’ampleur de la précarité énergétique d’été en chiffres

Selon le baromètre du Médiateur national de l’énergie, 49 % des Français déclarent avoir souffert d’un excès de chaleur dans leur logement au cours de l’été 2024-2025 pendant au moins 24 heures, marquant une hausse de 7 points par rapport à l’année précédente. Ce chiffre grimpe à 64 % parmi les bénéficiaires du chèque énergie. L’étude de l’Observatoire Leroy Merlin / Ifop indique pour sa part que 27 % des Français considèrent ne pas disposer d’un logement confortable lors des fortes chaleurs, et que 28 % (soit près de 19 millions de personnes) ont déjà été obligés de quitter leur logement à cause de la chaleur.

La vulnérabilité estivale est étroitement croisée avec celle de l’hiver. Selon le baromètre du Médiateur national de l’énergie, 2/3 des personnes ayant souffert du froid en hiver ont également souffert d’un excès de chaleur en été.

 

Les causes de la surchauffe dans le logement

L’inconfort estival dépend très fortement du bâti, de la typologie du logement, de son orientation et de sa localisation. D’après le baromètre du Médiateur national de l’énergie, 79 % des ménages expliquent leur ressenti d’excès de chaleur par la canicule, mais 29 % citent une mauvaise isolation de leur logement (+3 points sur un an) et 15 % une mauvaise ventilation (+3 points).

Parmi les logements les plus inconfortables et difficiles à vivre en été, on retrouve ceux qui sont mal isolés,  situés au dernier étage ou sous les toits, , ou dénués de stores ou protections solaires.

L’inconfort varie aussi selon le type et la taille de l’habitat : il atteint 42 % chez les occupants de logements de moins de 60 m² (contre 18 % pour les plus de 90 m²), et 38 % en appartement contre 20 % en maison. L’exposition aux îlots de chaleur urbains (ICU) en milieu minéralisé aggrave l’exposition des ménages modestes.

Face à cette situation, 87 % des Français citent des freins pour adapter leur logement. Le principal obstacle pour les propriétaires est le coût (55 %). Pour les locataires, qui sont 93 % à déclarer des freins, la qualité de locataire constitue le frein majeur (58 %), devant le coût (42 %). Parmi les locataires ayant demandé des travaux à leur propriétaire, seuls 6 % les ont obtenus, 12 % ont reçu un refus ou un report, et 14 % n’ont reçu aucune réponse.

 

Des répercussions lourdes sur la santé et le quotidien

L’inconfort estival altère la santé et modifie la vie quotidienne. Selon Santé publique France, 3 700 décès étaient attribuables à la chaleur en France à l’été 2024 pendant la période de surveillance. En 2026, ce bilan s’élève à 5 764 décès entre le 17 juin et le 2 juillets. 

Au quotidien, c’est la nuit et le sommeil qui sont les plus perturbés. La chambre à coucher est la pièce dans laquelle il est le plus difficile de vivre lors des fortes chaleurs pour 46 % des Français (devant le salon à 29 % et la cuisine à 18 %). Ainsi, 43 % des Français déclarent qu’il fait trop chaud la nuit et qu’il devient difficile de trouver le sommeil. Cela génère une difficulté à récupérer ou une fatigue accrue pour 24 % des personnes interrogées.

 

Les solutions d’aménagement et dispositifs d’accompagnement

L’adaptation des logements passe par des interventions sur le bâti et des aménagements passifs ou actifs. À ce jour, 63 % des Français déclarent avoir déjà réalisé au moins une installation ou modification dans leur logement (25 % une climatisation, 21 % une amélioration de l’isolation, 18 % des protections solaires extérieures, 18 % un changement de vitrages/fenêtres et 14 % la végétalisation des abords). La climatisation est citée par 41 % des Français comme la solution la plus efficace, devant une meilleure isolation (32 %) et les volets/stores (22 %). Toutefois, sa perception reste ambivalente : si 35 % la considèrent comme un confort indispensable, 15 % la voient comme une aberration écologique, 16 % comme une solution de dernier recours et 14 % comme un mal nécessaire.

Pour réaliser ces travaux et soutenir l’adaptation du parc, plusieurs dispositifs et aides sont financés au niveau national :

  • MaPrimeRénov’ : Ce dispositif est une aide financière accordée par l’État français (gérée par l’Agence Nationale de l’Habitat) pour inciter et aider les propriétaires à réaliser des travaux de rénovation énergétique dans leur logement 
  • Les certificats d’économie d’énergie : Les CEE financent les rénovations énergétiques du secteur du résidentiel, du tertiaire, de l’industrie, des transports et de l’agriculture via une obligation fixée aux fournisseurs d’énergie. Cette prime extra-budgétaire permet l’amélioration du confort de vie des ménages à travers le financement de certains travaux de rénovation. 

ACE Énergie, délégataire CEE, vous accompagne, en tant qu’installateurs, dans la valorisation de vos CEE afin d’améliorer au mieux et à moindre coût le confort de vie de vos clients.

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